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France NANTES (AFP) - 19/09/07 18:35

Sarkozy propose aux 5 millions de fonctionnaires une "révolution culturelle"

 

A peine lancé le compte à rebours de son "nouveau contrat social", Nicolas Sarkozy a engagé mercredi à Nantes un autre chantier délicat en proposant aux fonctionnaires une "révolution culturelle", seule capable selon lui d'introduire la fonction publique dans le XXIe siècle. Evènement

Attendu de pied ferme par les fédérations syndicales du secteur, le président a admis, devant les élèves de l'Institut régional d'administration (IRA), le "malaise" actuel d'un Etat "impécunieux et impuissant" et a sonné l'heure de sa "refondation".

"Nous devons refonder une fonction publique où les fonctionnaires n'auront pas le sentiment d'être réduits à l'impuissance, parce qu'ils ne savent pas toujours ce que l'on attend d'eux, parce qu'ils ont trop souvent le sentiment d'être mal aimés, mal considérés, parce qu'ils servent un Etat qui fonctionne mal", a-t-il déclaré.

Reprenant nombre de ses thèmes de campagne, Nicolas Sarkozy a détaillé le "nouveau pacte" qu'il souhaite proposer aux 5 millions de fonctionnaires, brossant le portrait d'un secteur public moins nombreux, plus ouvert et plus motivé, dont les agents seraient payés au mérite et le statut assoupli.

"Je me suis engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire qui part en retraite sur deux, et cet engagement je le tiendrai", a-t-il d'abord réaffirmé en précisant, notamment aux agents de l'Education nationale, que ce principe ne pourrait être "que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthodes et d'organisation".

Fidèle à sa devise "travailler plus pour gagner plus", le chef de l'Etat a également souhaité que "tous les fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires, quel que soit leur statut".

Evoquant leur rémunération, Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé en faveur du principe "d'individualisation" afin de tenir compte "du mérite, de l'implication, de l'expérience, des résultats" des agents.

Il n'a toutefois fait aucune proposition concrète en matière de hausse de leur pouvoir d'achat, l'une des plus pressantes revendications des huit fédérations du secteur (CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CGC, CFTC).

Dans un souci de "souplesse" et de "mobilité", il a enfin souhaité qu'une partie des agents de la fonction publique puisse choisir "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré" et que
© AFP
  loupe
 
ceux qui souhaitent la quitter bénéficient d'un "pécule". Il a remis en cause le concours d'entrée, accusé notamment de ne plus être garant de diversité ou de mixité sociale.

Conscient de s'attaquer à certains des principes sacro-saints de la fonction publique, Nicolas Sarkozy a pris soin de longuement rendre hommage à la "moralité" et au "professionnalisme" des fonctionnaires, puis de rassurer sur la méthode de sa "révolution".

"Toutes les propositions que je viens de formuler (...) sont autant de thèmes de négociation et de concertation avec les organisations syndicales", a-t-il insisté.

A l'inverse de son discours de la veille, le président n'a pas non plus fixé de calendrier contraignant à son gouvernement. "Cela ne se fera pas en un jour", a-t-il concédé, "mais l'ensemble des engagements devront être tenus durant mon quinquennat".

Les syndicats n'ont pas tardé à monter au créneau pour dénoncer les "propositions" présidentielles. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, lui a ainsi reproché un "dynamitage de tous les principes fondateurs de la fonction publique". Les syndicats doivent se réunir vendredi pour tenter de définir une action commune.

L'Assemblée rend obligatoire le test de français avant d'aborder le test ADN

 

L es députés ont adopté mercredi la mesure phare du projet de loi immigration sur l'évaluation du français avant de se consacrer dans la soirée à la disposition la plus controversée, l'amendement Mariani instaurant des tests ADN pour les candidats au regroupement familial.

Pour désamorcer la polémique suscitée, jusque dans les rangs de la majorité, par l'initiative de Thierry Mariani (UMP), le gouvernement a proposé, via des sous-amendements, de mieux encadrer le dispositif.

Le premier prévoit d'autoriser ces tests ADN à titre expérimental "jusqu'au 31 décembre 2010". A cette date, "le gouvernement remettra au Parlement un bilan de son application".

La disposition va un peu au-delà de l'annonce faite mardi soir par le Premier ministre François Fillon, qui avait évoqué une durée de deux ans pour la période expérimentale.

Le gouvernement propose également, contrairement au texte de M. Mariani, un remboursement des tests génétiques par l'Etat "si le visa est accordé" et réclame le "consentement express des personnes dont l'authentification est recherchée".

Un autre sous-amendement définit les conditions d'application des tests ADN, notamment "la liste des pays concernés et les conditions dans lesquelles sont habilitées les personnes autorisées à procéder à ces examens".

Ces modifications ont emporté l'adhésion de l'un des principaux opposants aux tests, Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP, qui a jugé quelles allaient "dans le bon sens".

En revanche, après Bernard Kouchner (Affaires étrangères), et Fadela Amara (Ville), un nouveau ministre d'ouverture, Martin Hirsch (Solidarité), s'est montré réservé sur les tests ADN.

En attendant de se prononcer sur ces propositions, l'Assemblée a adopté, au milieu de nouvelles passes d'armes entre gauche et gouvernement, la principale mesure du texte initial: une évaluation, dans leur pays d'origine, pour les candidats au regroupement familial de moins de 65 ans, de la connaissance du français et "des valeurs de la République".

Si l'évaluation, à laquelle sont également soumis les conjoints étrangers de Français, est négative, une formation, gratuite, est obligatoire. Les députés ont décidé une nouvelle évaluation à l'issue de la période de formation.

Les députés ont abrogé une mesure de 2006, autorisant les conjoints étrangers entrés régulièrement et vivant sur le territoire depuis plus de six mois à obtenir leur visa long séjour en France.

Brice Hortefeux (Intérieur) a jugé cette mesure "inapplicable". Les intéressés devront donc retourner dans leur pays d'origine pour obtenir ce visa sauf s'ils sont déjà admis au séjour comme les étudiants.

L'Assemblée a par ailleurs entériné les nouvelles conditions de ressources exigibles pour bénéficier du regroupement familial et qui devront, "être, au moins, égales" au SMIC et, "au plus, égales à ce salaire majoré d'un cinquième".

Elle a déjà adopté un amendement de M. Mariani portant le niveau de ressources à 1,33 fois le SMIC pour les familles de "six personnes ou plus".

Dans la soirée les députés devaient également examiner un nouvel amendement de M. Mariani qui fait débat. Adopté discrètement mardi en commission, il prévoit de réduire d'un mois à 15 jours le délai de recours laissé à l'étranger devant la Commission de recours des réfugiés (CRR) après le rejet de sa demande d'asile.

Le député UMP Etienne Pinte s'est insurgé contre une "atteinte au droit d'asile en France"

Régimes spéciaux: grève des cheminots le 17 octobre

 

C inq fédérations de cheminots ont appelé mercredi soir à la grève le 17 octobre contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, sur lesquels Xavier Bertrand a entamé la concertation, tandis que les syndicats de l'Energie et de la RATP réfléchissent à leur riposte.

Les fédérations de cheminots CGT, FO, la CFTC, Sud Rail et la CGC appellent à la grève "pour agir et peser sur l'avenir du régime spécial de retraite (de la SNCF), la situation du fret SNCF et l'emploi", a annoncé Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots, à l'issue d'une réunion interfédérale.

L'Unsa, la CFDT et la Fgaac (agents de conduite) ont, elles, décidé de consulter leurs instances avant de décider de leur éventuelle participation.

Les syndicats doivent se retrouver prochainement pour décider des modalités de la grève, qui pourrait durer 24 heures ("grève carrée") ou être reconductible.

"1995, c'était 1995: je sais que l'histoire ne repasse pas les plats de la même façon mais il y a quand même beaucoup de sujets d'insatisfaction et de mécontentement", a répondu M. Le Reste aux journalistes qui l'interrogeaient sur une possible répétition de la grande grève d'il y a douze ans contre le plan Juppé.

"Nous ne sommes pas entendus de la part de la direction de la SNCF et du gouvernement, une intervention des cheminots est donc nécessaire pour (...) imposer d'autres choix beaucoup plus porteurs et en rapport avec l'intérêt général", a-t-il ajouté, en espérant que "cette journée nationale de grève puisse aussi aider à construire des mobilisations interprofessionnelles, sur les retraites comme sur d'autres sujets".

Les fédérations de l'énergie (CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE-CGC) étaient aussi réunies mercredi soir pour décider leur "riposte" face à de multiples sujets de mécontentement: réforme des régimes spéciaux, mais aussi fusion Suez-GDF et privatisation de GDF.

Jeudi, ce sera au tour des syndicats de la RATP de se retrouver pour "définir un ensemble d'initiatives", permettant le "maintien" du régime spécial dont bénéficient les salariés de l'entreprise de transport public francilienne, d'après la CGT.

Mercredi, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a débuté une concertation qui doit durer deux semaines afin de préciser "les principes communs de l'harmonisation" des régimes spéciaux avec le régime de la fonction publique, conformément à ce que lui a demandé mardi le chef de l'Etat.

Il a reçu le président de la CFTC, Jacques Voisin, qui a fait état d'un calendrier "plus souple" que prévu, un projet devant, selon lui, être soumis aux partenaires sociaux à l'issue des 15 jours de la première concertation, qui doit être suivie d'une négociation "entreprise par entreprise".

La réforme devra avoir été menée "d'ici à la fin de l'année", a précisé M. Bertrand.

Reçue à son tour, la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac, a salué la méthode des pouvoirs publics, se disant "très frappée par la bonne écoute du ministre sur l'identité cheminote" et "sur le maintien d'éléments de spécificité forte dans le cadre des évolutions envisagées".

De leur côté, les syndicats de fonctionnaires, qui ne sont pas concernés par la réforme des régimes spéciaux mais ont vivement dénoncé le discours de Nicolas Sarkozy mercredi, doivent se réunir vendredi pour arrêter leur stratégie.

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